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 Le guêpier libanais...

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Jean-François BRILLANT
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MessageSujet: Le guêpier libanais...   Sam 7 Juil - 17:26

Le Point - 04/07/2007 - Jean Guisnel


Les Français dans le guêpier libanais
L’attentat contre les Casques bleus rappelle les risques encourus. Reportage au Liban-Sud avec les soldats français, coincés entre Hezbollah, armée libanaise et Tsahal.

Abrité derrière ses murs de sable et surmonté par un mirador, le poste anonyme n’est identifié que par des chiffres : 6.52. A quelques dizaines de mètres, derrière les champs de tabac, puis de mines, se trouve la frontière israélienne, la Ligne bleue, marquée par de gros bidons. Plus loin, la "clôture technique" édifiée par Israël à l’intérieur de son territoire : une route, des grillages, des caméras, des véhicules armés circulant jour et nuit. Sous la toile de tente où ses hommes nettoient leurs armes à l’abri du soleil, le capitaine Pierre-André Baudoux, du 152e Régiment d’Infanterie de Colmar (les Diables Rouges), décrit une vie au "rythme tenable mais intense" , faite de patrouilles essentiellement nocturnes dans la zone comprise entre la frontière et la petite ville de Bint Jbeil, celle-là même où se sont déroulés durant la guerre de l’été 2006 les combats les plus farouches entre Tsahal et le Hezbollah. Cette organisation chiite est toujours maîtresse de la zone, mais le jeune officier n’a pas de relation officielle avec ses membres : "Nous ne traitons qu’avec les autorités locales, dont nous savons bien que 70 % appartiennent au Hezbollah". Contre le mur du poste, deux chars Leclerc sortiront plus tard. Pour l’heure, le problème réside dans l’usure des patins de caoutchouc de leurs chenilles. Déchiquetés par les pierres aiguës des routes locales, ces petits pavés de latex ne peuvent pas rouler plus de 400 kilomètres. Alors, à 30 000 euros le train de patins (payé par l’Onu), leurs pilotes les ménagent... Ça tombe bien : les Leclerc repeints en blanc, un peu trop gros, un peu trop bruyants, agacent parfois la population tout autant que les transports de troupes blindés AMX-10. Le Hezbollah jouerait-il de cette grogne ? Pour le colonel Bertrand Dumont Saint Priest, adjoint du général italien commandant le secteur ouest de la Finul, la vigilance demeure de mise, sans inquiétude particulière : "Le Hezbollah a affiché son accord de la résolution 1701 et il sait que notre présence est un gage de paix. Il est arrivé qu’un maire demande que les chars Leclerc ne traversent pas son village la nuit. Alors, nous nous accordons sur de meilleurs horaires, faisons parfois un petit détour et évitons de faire pivoter les chars sur une route tout juste refaite." Pas de quoi se fâcher... Pourtant, quelques jours plus tard, un attentat meurtrier contre le contingent espagnol allait doucher cet optimisme peut-être de commande. Bilan : 6 morts dans un attentat à la voiture piégée.
La Finul a aidé l’armée libanaise à réinvestir le Liban-Sud. Mais les prérogatives de ces deux forces d’environ 12 000 hommes chacune sont précisément définies. Les Casques bleus de l’Onu n’ont, par exemple, aucun droit de fouiller des véhicules ou des maisons libanaises. Et si la Finul dispose - sans le dire - des moyens de renseignement des armées qui la composent, elle dépend largement, de ce point de vue, de l’armée libanaise. Laquelle sait beaucoup de choses sur ce qui se passe dans la région. Et ne dit à la Finul que ce qu’elle veut.
Le risque que la mission s’éternise
Les soldats français, en liaison constante avec la 11e brigade libanaise déployée dans une zone de 25 kilomètres sur 10, parcourent jour et nuit les routes de cette région surarmée. Sans doute les check points de l’armée libanaise et les patrouilles de la Finul le long de la frontière israélienne ont-ils perturbé les filières de trafic de drogue vers Israël, provoquant dans ce pays une augmentation des cours de l’héroïne. Mais personne n’est dupe : armes et munitions continuent d’arriver via les nombreuses routes sans check points . Le rôle des Français n’est pas aisé. Parfois accusés de défendre les intérêts israéliens, ils doivent constamment démontrer le contraire. Pas simple quand on sait que tous les serveurs informatiques par lesquels transite la messagerie de la Finul sont installés à... Jérusalem !
Chaque jour, les Français doivent faire la preuve de leur impartialité. Alors que quelques hommes de sa section ont coiffé le béret bleu pour parcourir les rues du village de Tulin, tandis que le médecin du Régiment Pierre-Eric Schwartzbrod consulte diabétiques et insuffisants cardiaques au dispensaire, l’adjudant David Skrzypczak explique : "Tout l’intérêt de ces missions de sécurisation consiste à établir de bons rapports avec la population." Tout en demeurant distants, les contacts sont réels : sans dire un mot, des jeunes filles apporteront aux soldats un pot de boisson fraîche, avant de disparaître... Le soir, les fantassins affronteront une équipe libanaise sur le terrain de football de Tibnin. Les locaux l’emporteront par 10 à 3 !
Les soldats français s’installent pour rester. Tous les quatre mois, une relève vient remplacer le Régiment, qui repart vers la France. La première Finul, créée en 1978, a duré presque trente ans. Les Français effectuent des travaux d’infra-structures considérables : pour installer leur QG, l’Onu a fait enlever au bulldozer 17 mètres de rochers ! Et, depuis, on renforce, on consolide, on dresse des murs de béton et des merlons, on creuse des abris. Même si, jusqu’à l’attentat contre les Espagnols, la situation paraissait calme. Pourtant, un signe ne trompait pas : depuis début juin, les Israéliens multipliaient leurs survols.
La lumière est étincelante sur les hauteurs de Djebel Maroun, non loin de la localité de Deir Kifa, située à quelques kilomètres au sud du fleuve Litani. Mais c’est dans l’obscurité d’un conteneur climatisé juché sur un camion que le jeune sous-officier scrute son écran. Il pointe du doigt une petite tache jaune se déplaçant lentement sur le fond noir et en précise pour le visiteur tous les attributs. Sa faible vitesse désigne un avion automatique - un drone -, sa direction indique sans la moindre ambiguïté qu’il vient d’Israël et qu’il va scruter toute la zone de la Finul à très haute altitude, durant des heures. Ce survol est absolument interdit par la résolution 1701 de l’Onu, mais les Israéliens n’en ont cure. Qu’il s’agisse de drones ou de chasseurs F-15, la Finul ferme les yeux et envoie à New York des rapports sibyllins évoquant des passages d’avions "de nationalité et de type inconnus" . C’est un officier français, le colonel Alexandre Lalanne-Berdoutic, qui est chargé à l’état-major de la Finul, à Naqoura, de la liaison avec Tsahal. Mais le mot d’ordre, c’est de calmer le jeu. Les avions israéliens ont cessé les simulacres d’attaque en piqué contre les postes de tir des missiles sol-air Mistral français. Une pratique qui avait provoqué un sérieux incident diplomatique entre la France et Israël.
La nouvelle Finul, plus nombreuse et mieux équipée que la précédente, a pour mission d’aider le déploiement de l’armée libanaise entre le Litani et la frontière, et de contrôler la cessation des hostilités. Les soldats de la Finul II disposent donc d’un mandat nettement plus "robuste" que ne l’était celui de leurs prédécesseurs. Ils ont, du moins sur le papier, le droit de recourir à la force, non plus seulement en cas de légitime défense, mais aussi pour "assurer le succès de leur mission" . Symbole de cette vigueur nouvelle : la présence d’une force de réaction rapide, confiée à l’Infanterie française et effectivement dotée d’une vraie capacité opérationnelle. Installée sur la base de Djebel Maroun, cette force est composée d’une douzaine de chars Leclerc. Elle comporte deux autres éléments importants : des radars Cobra de dernière génération. Si un missile ou un obus est tiré dans un rayon de 40 kilomètres autour de ces équipements, ses points de départ et d’impact sont immédiatement calculés, au mètre près. Un ordre de riposte peut alors être donné aux gros canons de 155 mm français intégrés à la force de réaction rapide. Cette force de frappe est cependant toute théorique et surtout dissuasive. Car, même renforcée par rapport à la première, la Finul II n’a pas vocation à s’immiscer dans d’éventuels combats. Avec le risque de voir cette mission s’éterniser et le Liban-Sud se transformer, pour les soldats français, en désert des Tartares.

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Panzer
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MessageSujet: Re: Le guêpier libanais...   Sam 7 Juil - 18:05

Bel article respect
Surement très proche de la réalité triste
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pmo
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MessageSujet: Re: Le guêpier libanais...   Sam 7 Juil - 20:11

Le Liban sera peut être libre un jour!
Quel Siècle? personne ne le sait!
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DarkLabor
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MessageSujet: Re: Le guêpier libanais...   Jeu 2 Aoû - 10:56

pmo a écrit:
Le Liban sera peut être libre un jour!
Quel Siècle? personne ne le sait!
Peut être jamais, car les deux camps préfèrent se tapper sur la gu**le plutôt que de montrer le bon exemple à la prochaine génération.
Le tout dans un cercle vicieux des plus dévastateurs!
Les enfants vengent la mort de leurs parents qui se vengeaient de la mort de leurs parents...
Personnellement, j'espère que la communauté internationale va réagir pour instaurer un cessez le feu général (mais quelque chose de durable), mais c'est beau de rêver... Neutral
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MessageSujet: Re: Le guêpier libanais...   

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